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PEKIN (Reuters) - Hu Jia, l'un des principaux dissidents chinois, a été condamné à trois ans et demi de prison, ce qui devrait alimenter les critiques des organisations de défense des droits de l'homme qui dénoncent une tentative du pouvoir de museler l'opposition à l'approche des Jeux olympiques de Pékin.
Un tribunal chinois a jugé Hu Jia coupable d'"incitation à la subversion contre la puissance étatique", pour avoir critiqué le Parti communiste au pouvoir, ont rapporté ses avocats. Hu avait plaidé non coupable.
Agé de 34 ans, le dissident, qui a fait ses premières armes en défendant des malades du sida vivant dans les campagnes chinoises, est devenu l'un des militants les plus actifs pour les droits de l'homme, les libertés religieuses et l'autonomie du Tibet.
"La position de la défense est que les citoyens ont le droit de s'exprimer librement en vertu de la constitution et donc, que l'argumentation des procureurs n'est pas valide", a déclaré à la presse Li Fangping, l'un des avocats du dissident.
Mais Hu a reconnu devant le tribunal que certaines de ses prises de position avaient été "excessives", a-t-il précisé.
"Au final, je pense qu'il a fini par accepter que certaines de ses déclarations étaient contraires à la loi en vigueur", a déclaré un autre de ses avocats, Li Jinsong. "Donc, dans une certaine mesure, il a accepté les accusations du parquet".
SON ÉPOUSE ASSIGNÉE À RÉSIDENCE
La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice avait évoqué le cas de Hu lors d'une visite à Pékin en février et l'Union européenne ainsi que plusieurs gouvernements occidentaux étaient intervenus auprès des autorités chinoises.
Le dissident a été arrêté fin décembre après avoir passé plus de 200 jours aux arrêts domiciliaires.
Son épouse Zeng Jinyan, qui a également critiqué le gouvernement chinois, et leur petite fille sont assignées à résidence et leur téléphone est coupé.
L'organisation Amnesty International a affirmé cette semaine que les Jeux olympiques n'avaient pour l'instant pas amené de changements en dépit de l'engagement des autorités chinoises de faire progresser les droits de l'homme.
Les inspecteurs du Comité international olympique ont par ailleurs demandé au gouvernement de garantir l'accès à internet pendant toute la durée des Jeux.
Grâce à internet, Hu est resté en contact avec d'autres dissidents et des journalistes étrangers et ce sont sur ses messages mis en ligne sur un site internet étranger en langue chinoise qu'ont porté l'essentiel des accusations des procureurs, selon un avocat.
Yang Chunlin, un autre dissident, a été condamné fin mars à cinq ans de prison pour avoir demandé à ce que les droits de l'homme passent avant les Jeux olympiques. Il a été reconnu coupable de subversion